Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     
Sommaire

Usages de l’eau Production d’énergie

L’eau et la production d’énergie en Poitou-Charentes
L’utilisation de l’eau

L’eau est utilisée de deux manières dans le domaine de la production d’énergie :

  •  la force de l’eau en mouvement est utilisée par les centrales hydrauliques, productrices d’électricité, pour faire tourner leurs turbines. Ce mouvement peut être une chute d’eau (créée artificiellement grâce à un barrage par exemple), la force du courant d’une rivière ou d’un fleuve ou l’énergie des marées. En Poitou-Charentes, de nombreux petits ouvrages hydrauliques sur les cours d’eau sont hérités des activités humaines disparues (meunerie, …) ou toujours existantes (par exemple, en 1998 en Poitou-Charentes, une quarantaine de petites centrales hydroélectriques est dénombrée de manière non-exhaustive).
  •  l’eau est utilisée également par prélèvement pour le refroidissement des centrales nucléaires. L’eau est aussi utilisée par les centrales pour leurs rejets soit thermiques (eau échauffée), soit chimiques, soit radioactifs.
    En Poitou-Charentes, Civaux est la seule centrale nucléaire.

    Utilisation de l'eau de la centrale de Civaux

    Les volumes prélevés dans la Vienne et ceux évaporés par la centrale sont globalement stables d’année en année depuis 2007. Ils se situent en-dessous des limites règlementaires annuelles (fixées à 117 Mm3 pour les prélèvements et à 49,2 Mm3 pour l’évaporation).
    Le restitué est égal au prélevé moins l’évaporé. Par ailleurs, ces débits évaporés représentent, au maximum, environ 2% du débit moyen inter-annuel de la Vienne. Ces débits sont compensés par le soutien d’étiage apporté en été.
    (Source : EDF – C.N.P.E. de Civaux)

    Les prélèvements de Civaux dans la Vienne sont réalisés au rythme de débit de 4 m3/s. Le fonctionnement de la centrale de Civaux est assuré par l’eau disponible en Limousin. La centrale de Civaux prend des dispositions particulières afin d’assurer son fonctionnement durant la période d’étiage.

    Pour que la centrale ait le droit de fonctionner, un débit minimum de 10 m3/s doit être respecté en aval de la centrale, une fois prélevés les volumes d’eau nécessaires au refroidissement des réacteurs. Afin de garantir ce débit, un soutien d’étiage est réalisé grâce aux réservoirs situés en amont de la centrale, situés pour la plupart dans le secteur de la Vienne Supérieure.
    La centrale de Civaux est autorisée à prélever dans la Vienne un débit qui est fonction de la puissance des réacteurs, dans la limite de 6 m3/s. La centrale fonctionnant majoritairement sur un seul réacteur durant l’été, cette valeur n’est globalement pas atteinte en période d’étiage. Ainsi, pendant toute cette période, on peut s’assurer que le débit de la Vienne est supérieur à 10 m3/s en aval de la centrale si la station de Lussac-les-Châteaux, en amont de la centrale, indique un débit supérieur à 16 m3/s.

    En outre, les conditions de rejet font l’objet d’une réglementation imposant un débit minimal de 30 m3/s pour effectuer des rejets chimiques occasionnels. La centrale nucléaire de Civaux ne peut rejeter à la rivière ses effluents légèrement radioactifs qu’en présence d’un débit compris entre 27 et 350 m3/s, et entre 20 et 27 m3/s avec dérogation de l’Autorité de Sûreté DGSNR (Direction Générale de la Sûreté Nucléaire et de la Radioprotection). Cependant, la Vienne se trouve couramment en deçà de ces valeurs durant la période estivale. C’est pourquoi des réservoirs ont été dimensionnés pour assurer le stockage de ces effluents durant toute la période estivale (source : EDF).

    Rappel des prélèvements effectués par les autres usages en région :

    Prélèvements par usage et par département en 2008
    Usage domestique

    en millions de m3

    Usage agricole

    en millions de m3

    Usage industriel*

    en millions de m3

    Total

    en millions de m3

    Charente 19,4 58,2 7,5 85,1
    Charente-Maritime 52,8 52,3 2,9 108,0
    Deux-Sèvres 40,1 25,9 1,8 67,8
    Vienne 34,3 49,6 1,5 85,4
    Poitou-Charentes 146,7 186,0 13,7 346,4
    *Les volumes prélevés pour le refroidissement de la centrale de Civauxne sont pas comptabilisés dans le tableau. En 2008, ces derniers s’élevaient à environ 116 millions de m3.


    Source : Agences de l’Eau Adour Garonne et Loire Bretagne

    Pour en savoir plus sur la thématique : « Usages et gestion de l’eau », consultez la rubrique Chiffres Clés du RPDE

    Les rejets liquides radioactifs de Civaux contiennent des gaz de fission dissous (xénon, krypton, iodes), des produits de fission solides (césium, lanthane, strontium) et des produits d’activation (cobalt, manganèse, antimoine). Le tritium existe à l’état naturel dans la plupart des eaux minérales issues de zones volcaniques. Dans les centrales nucléaires, sa quantité est directement liée au fonctionnement et à la puissance des réacteurs. Il n’existe aucun moyen de le filtrer. Il est mesuré indépendamment des autres radioéléments.

    De 2002 à 2011, les valeurs de rejets liquides radioactifs ont été largement en dessous des limites réglementaires pour les différents effluents radioactifs.

    Teneurs en éléments radioactifs dans les rejets liquides de la centrale nucléaire de Civaux

    * 1 T Bq (térabecquerel) : 1012 Bq
    1 G Bq (gigabecquerel) : 109 Bq

    Source : EDF, rapport public annuel de la surveillance de l’environnement autour de la CNPE de Civaux - 2011

    Un contrôle de l’environnement est pratiqué en permanence autour de la centrale de Civaux. Il comprend une surveillance de l’eau souterraine, de la flore et du lait. Ces valeurs sont comparées au point zéro effectué avant le démarrage de la centrale.

    Qualité de l’environnement au alentour de la centrale de Civaux, 2007 Valeur juin 2008
    Eau souterraine en Bq / l 0,37 < 0,64
    Végétaux en Bq/kg 1050 1050
    Source : Centrale nucléaire de Civaux
    Qualité de l’environnement au alentour de la centrale de Civaux, 2010 Valeur moyenne 2010
    Eau souterraine en Bq / l 0,26
    Végétaux en Bq/kg 925
    Source : Centrale nucléaire de Civaux

    Outre le risque de contamination radioactif, la centrale effectue des contrôles de qualité chimique de ces rejets. Les critères de rejets chimiques ont tous été respectés en 2007 quelque soit l’échelle de temps considéré et des rejets autorisés associés.

    Les rejets chimiques, 2007 :
    Paramètres Quantité annuelle autorisée * Quantité rejetée en 2007 Flux 24h autorisé Flux 24h maximal en 2007 Flux 2h autorisé Flux 2h maximal en 2007
    Acide borique 70 t 8,1 t 1 500 t 500 kg 125 kg 42 kg
    Lithine 14 kg 0,83 kg 7 kg 0,04 kg 0,6 kg 0,003 kg
    Hydrazine 150 kg 7,8 kg 9 kg 0,62 kg 7,2 kg 4,6 kg
    Morpholine 1 600 kg 356 kg 15 kg 6,4 kg 6 kg 0,5 kg
    Azote globale 1 100 kg 740 kg 100 kg 41 kg 50 kg 21,4 kg
    Phosphore total 800 kg 62 kg 50 kg (20 kg si QVienne < 27m3/s) 3 kg 25kg (2,5 kg si QVienne < 27m3/s) 2,2 kg
    Détergents 3 000 kg 440 kg 200 kg 5,6 kg 20 kg 4,4 kg
    DCO 16 000 kg 2 300 kg 180 kg 33,6 kg 72 kg 15 kg
    MES 3 800 kg 290 kg 53 kg 3,8 kg 21 kg 2,9 kg
    Hydrocarbures 750 kg 37 kg 15 kg 2,8 kg 6 kg 0,9 kg
    Fer 120 kg 29 kg 2 kg 0,3 kg 1 kg 0,2 kg
    Aluminium 50 kg 5,2 kg 1 kg 0,06 kg 0,5 kg 0,05 kg
    Autres métaux (ZN, CU, Mn, Ni, Cr, Pb, Ti) 70 kg 10 kg 1,5 kg 0,2 kg 0,5 kg 0,06 kg

    * Limites issues de l’arrêté interministériel du 08/09/97 relatif à l’autorisation de rejet des effluents radioactifs liquides par le site de Civaux

    Source : EDF, rapport annuel 2007
    Les problèmes potentiels ou avérés...
    ... des ouvrages hydrauliques

    Les impacts et les risques induits par la présence de microcentrales sur les cours d’eau sont nombreux : obstacles à la migration des poissons, ennoiement de frayères, réduction des débits en cas de dérivation, fluctuation brutale des débits en cas de fonctionnement par éclusées ou lors de surverses, blocage du transport solide, altération de la qualité du cours d’eau lors des opérations de désenvasement.

    Aux grands ouvrages hydrauliques sont reprochées des inondations, mais aussi la création de réserves qui modifient le régime des eaux de la rivière. En amont, la circulation des sédiments entraîne un relèvement progressif du lit du cours d’eau ; en aval, les eaux sans limon provoquent une érosion du lit, des rives et des embouchures. Les usines hydroélectriques constituent enfin un seuil infranchissable pour les poissons migrateurs. Des passes à poissons peuvent être installées pour y remédier.

    ... des centrales nucléaires

    En dehors du risque nucléaire, les centrales nucléaires qui utilisent l’eau pour le refroidissement risquent de restituer au milieu aquatique :

  •   une eau dont la température diffère de celle de la rivière,
  •   des effluents chimiques ou radioactifs.
  • Mentions légales | Aide à la navigation | Conditions d’utilisation | Politique d’accessibilité | Crédits | Plan du site | Cadenas fermé