Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     
Sommaire

L’eau, fluide vital Approche quantitative

Le réseau hydrographique et les caractéristiques d’écoulement


  •  Plan :
    Des grandeurs qui caractérisent les écoulements superficiels
    Et en Poitou-Charentes ?
    ...Des assecs, ...
    ...Des inondations, ...
    ...La prolifération d’espèces envahissantes ...
    ... et des aménagements hydrauliques nombreux

    Des grandeurs qui caractérisent les écoulements superficiels

    Le régime hydrologique des cours d’eau est influencé par les précipitations, les échanges avec la nappe et les prélèvements. Des valeurs caractéristiques de débits permettent alors de définir et d’étudier l’état du réseau et des écoulements :

  •  le débit de crue décennale est la valeur de la crue instantanée maximale dont la probabilité d’apparition est de 10 fois par siècle. Il s’agit d’une crue à partir de laquelle des protections contre les inondations sont envisagées.
  •  le module est le débit moyen interannuel, calculé sur l’année hydrologique. Le module exprimé en m3/s donne une indication sur le volume annuel moyen écoulé et donc sur la ressource globale disponible.
  •  le débit mensuel minimal quinquennal (Q.M.N.A. quinquennal) est le débit calculé par mois, dont la probabilité d’apparition est de 20 fois par siècle. Cette donnée donne une information sur la sévérité d’étiage ; elle est importante notamment au regard des prélèvements d’eaux superficielles.
  •  l’étiage quinquennal (V.C.N.3 quinquennal) est la valeur du plus faible débit moyen de trois jours consécutifs dont la probabilité d’apparition est de 20 fois par siècle. Cette valeur donne une information sur le tarissement des cours d’eau.
  •  le débit d’objectif d’étiage (D.O.E.) est la valeur au-dessus de laquelle sont assurés la co-existence de tous les usages et le bon fonctionnement du milieu aquatique ; elle doit en conséquence être garantie chaque année pendant l’étiage avec des tolérances définies.
  •  le débit de crise (D.C.R.) est la valeur au-dessous de laquelle sont mises en péril l’alimentation en eau potable et la survie des espèces présentes dans le milieu ; il doit en conséquence être impérativement sauvegardé par toutes mesures préalables, notamment la restriction des usages.

    Et en Poitou-Charentes ?

    Le régime des cours d’eau de Poitou-Charentes est de type pluvial, caractérisé par des hautes eaux hivernales et des basses eaux estivales. La plupart des cours d’eau présentent des crues de plaine, qui se traduisent par une montée des eaux progressive et une submersion prolongée. Cependant les rivières issues des massifs cristallins, notamment la Gartempe et le Thouet, présentent un régime torrentiel aux crues soudaines. Les étiages [1] naturels peuvent être sévères, notamment pour les cours d’eau traversant les massifs anciens, du fait de l’absence de nappe souterraine. Les cours d’eau traversant les terrains sédimentaires bénéficient naturellement de l’apport des nappes, même en période d’étiage, qui leur assurent un écoulement permanent. En situation naturelle, il peut arriver que même ces cours d’eau connaissent des étiages sévères, consécutifs à une faible recharge hivernale des nappes. Cette situation est toutefois aggravée par les prélèvements d’eau.

    Caractéristiques hydrologiques interannuelles des principaux cours d’eau de Poitou-Charentes (mis à jour en décembre 2011) :

    Cours d’eau Station Dépt Surface du bassin versant topo-graphique (km²){{}} Période Débit moyen annuel (module – m3/s){{}} Crue journalière décennale (QJ1/10 – m3/s){{}} Etiage mensuel quinquennal sec (QMNA 1/5 - m3/s){{}} Etiage journalier quinquennal sec (VCN3 1/5 – m3/s){{}}
    Clain Dissay 86 2 881 1965-2011 21,20 [18,40 ;24,10] 210 [ 190 ;250] 2,9 [2,3 ; 3,5] 2,1 [1,6 ; 2,6]
    Clain Pont St Cyprien 86 2 120 1988-2011 12,3 [9,98 ; 14,5] 160 [140 ; 220] 1,2 [0,88 ; 1,6] 0,82 [0,52 ; 1,2]
    Vienne Ingrandes 86 10 052 1918-2011 119 [111 ; 127] 1200 [1100 ; 1400] 21 [19 ; 23] 14 [13 ; 15]
    Vienne Lussac les Châteaux 86 5 535 1985-2011 79,1 [71 ; 87,2] 860 [760 ; 1000] 15 [13 ; 17] 9,9 [8,4 ; 11]
    Vienne Etagnac 16 4 100 1969-2011 70 [65,3 ; 74,8] 640 [590 ; 740] 13 [12 ; 15] 8,3 [7,2 ; 9,4]
    Creuse Leugny 86 8 020 1964-2011 74,5 [68,8 ; 80,3] 1000 [920 ; 1200] 10 [9,3 ; 12] 7,8 [6,9 ; 8,7]
    Gartempe Vicq sur Gartempe 86 3 880 2007-2011 - - - -
    Gartempe Montmorillon 86 1 868 1955-2011 21,4 [19,9 ; 23] 280 [250 ; 320] 2,4 [2,1 ; 2,8] 1,8 [1,5 ; 2]
    Thouet Montreuil Bellay 49 - 2008-2011 - - - -
    Thouet Saint Loup Lamairé (Pont Saint Loup) 79 384 1992-2011 4,7 [3,96 ; 5,44] 140 [110 ; 120] 0,057 [0,022 ; 0,11] -
    Sèvre Niortaise Niort 79 1 074 1969-2011 11,6 [10,3 ; 12,9] 160 [140 ; 200] 1,2 [0,98 ; 1,5] 0,25 [0,13 ; 0,41]
    Charente Vindelle 16 3 750 1977-2011 30,1 [26,1 ; 34] 390 [340 ; 490] 1,5 [1,1 ; 1,9] 0,77 [0,46 ; 1,1]
    Charente Jarnac 16 4 160 1990-2011 - - - -
    Charente Pont de Beillant 17 7 412 2004-2011 - - - -
    Touvre Foulpougne 16 Résurgence 1980-2011 - - - -
    Seugne Lijardière 17 902 1968-2011 6,72 [6,03 ; 7,4] 96 [84 ; 120] 0,79 [0,67 ; 0,9] 0,64 [0,55 ; 0,74]
    Boutonne Moulin de Châtre 17 535 1969-2011 5,35 [4,82 ; 5,88] 57 [50 ; 68] 0,33 [0,26 ; 0,4] 0,24 [0,18 ; 0,3]
    Salles d’Angles 16 602 1969-2011 4,84 [3,69 ; 5,99] 49 [39 ; 78] 0,02 [0,009 ; 0,039] 0,01 [0,004 ; 0,02]
    Seudre St André de Lidon 17 236 1970-2011 0,927 [0,757 ; 1,1] 8,5 [7,4 ; 10] 0,022 [0,014 ; 0,032] 0,009 [0,005 ; 0,015]
    (Les chiffres entre crochets représentent les bornes de l’intervalle de confiance – 95 % - du calcul statistique des valeurs de débits)
    Source : Banque nationale des données sur l’eau pour l’hydrométrie et l’hydrologie
    Module= débit moyen sur une année. Il est obtenu le plus souvent en additionnant les débits moyens journaliers de l’année et en divisant par le nombre de jours de l’année.

    QJ 1/10 = débit journalier de crue de fréquence 1 année sur 10

    QMNA 1/5 = Débit mensuel d’étiage de fréquence 1 année sur 5

    VCN3 1/5 = débit moyen minimal sur 3 jours consécutifs de fréquence 1 année sur 5.

    La Direction Régionale de l’Environnement, puis les Services Prévisions des Crues Littoral Atlantique, Vienne-Thouet et Dordogne depuis 2007, suivent les variations de débit des cours d’eau sur le territoire régional, grâce à environ une cinquantaine de stations de mesure réparties sur les principaux cours d’eau de la région. Un important travail de terrain (maintenance des stations et réalisation de jaugeages) permet de garantir la fiabilité des données. Une fois validés, les débits moyens journaliers sont envoyés dans la banque nationale HYDRO du Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, qui permet de calculer des données hydrologiques statistiques.
    Certaines stations sont gérées par les services de l’Etat des départements voisins.
    Enfin une quarantaine de stations sont utilisées à des fins de police de l’eau, dans le cadre des plans d’alerte qui entrent en vigueur en situation de crise.


    Pour accéder à la banque HYDRO : http://www.hydro.eaufrance.fr/
    Pour accéder au SIGORE : Le réseau hydrométrique
    Pour accéder au site du RPDE > Suivi des débits : http://www.eau-poitou-charentes.org/Le-suivi-des-debits.html

    Les cours d’eau de Poitou-Charentes présentent les particularités suivantes :

    Des assecs, ...

    Depuis 1990, les brigades du Conseil Supérieur de la Pêche (C.S.P., devenu ONEMA suite à la loi sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006) recensent chaque été les linéaires de cours d’eau asséchés, quelle que soit l’origine de l’assèchement (assèchement total, rupture d’écoulement, réduction du débit) et les conséquences qui en découlent (eutrophisation [2], mortalité piscicole).

    Ces observations et le développement de l’irrigation ont amené le Conseil Supérieur de la Pêche (C.S.P.) à mettre en place en 2000 un Réseau Départemental d’Observation des Ecoulements (R.D.O.E.), harmonisé selon un protocole identique sur la région. La nature des observations est ainsi passée d’un suivi des linéaires de cours d’eau à un suivi en ponctuel. En 2006, environ 342 points sont répartis sur les cours d’eau de la région : 74 en Charente, 100 en Charente-Maritime, 70 en Deux-Sèvres et 98 en Vienne. Les mesures sont toujours réalisées durant la période d’étiage.

    L’ampleur des assecs dépend des conditions climatiques courantes, du degré de remplissage des aquifères, du substrat du cours d’eau et des prélèvements humains.

    En période d’étiage, une inversion des flux peut se produire : les rivières et les marais viennent à se vidanger dans les nappes. Ces phénomènes peuvent également s’accompagner d’une remontée du biseau salé dans les zones littorales et d’une contamination des eaux douces par les eaux salines.

    En conséquence, les assecs fragilisent les berges, les digues, les maisons et limitent l’accès à l’eau des puits (que ce soit pour les particuliers, les industriels, les agriculteurs).

    En région Poitou-Charentes, certains bassins s’avèrent plus sujets que d’autres aux absences d’écoulement. L’absence d’écoulement regroupe deux éléments représentatifs d’un dysfonctionnement : la rupture d’écoulement et l’assec.
    Ainsi, le bilan dressé sur la période de 1990 à 2003 montre que le bassin de la Sèvre Niortaise présente de manière récurrente une absence d’écoulement, ainsi qu’à moindre échelle le bassin Charente – Dronne – Seudre. La fréquence d’écoulement de l’ensemble Argenton – Thouet – Dive du nord est moyenne, celle du bassin de la Vienne est la moins fréquente. Face à ce phénomène, le département de Charente-Maritime est le plus sensible, suivi des Deux-Sèvres. Le département de Charente présente une récurrence moyenne, alors que la Vienne est le département où le phénomène d’absence d’écoulement est le moins fréquent.
    De 1990 à 2003, la région est marquée par des périodes de pénurie et d’abondance de la ressource en eau dans un contexte d’accroissement des prélèvements. Des années de pluviométrie favorable (1992, 1994, 1997, 2000, 2001, 2002) sont accompagnées de valeurs minimales du pourcentage de l’absence d’écoulement en 1994 pour la région, en 1992 pour la Charente et la Charente-Maritime, en 2001 et 2002 pour les Deux-Sèvres, et en 2000 pour la Vienne.
    Au niveau régional, les années où l’absence d’écoulement est la plus marquée (entre 1990 et 2003) sont 1990, 1991 et 2003, comme en Vienne et en Deux-Sèvres. En Charente-Maritime, 1995 et 1996 sont les années les plus vulnérables et 1999 en Charente. La tendance générale de diminution de l’absence d’écoulement peut traduire une relative efficacité des politiques de gestion de la ressource (gestion volumétrique notamment).

    Entre 2005 et 2010, les bassins sujets aux assecs récurrents sont globalement identiques à ceux identifiés lors du bilan 1990 – 2003. Là encore, les départements les plus touchés sont la Charente-Maritime et les Deux-Sèvres.

    Points de suivi RDOE en assec - Bilan 2005 2010

    Consultez la carte sur l’atlas cartographique de l’ORE

    RDOE - Synthse des observations 1990-1999
    RDOE - Synthse des observations 2000-2005

    De 2003 à 2006, de nombreux cours d’eau de la région ont présenté des absences d’écoulement (assecs ou ruptures d’écoulement).
    L’année 2005 en particulier se caractérise par des absences d’écoulement importantes (elles concernaient 60% des stations d’observation des écoulements en août 2005) ; la quasi-totalité des bassins de la région était concernée : ensemble des cours d’eau côtiers et des sources et affluents des bassins tels que le Curé, la Seudre, la Seugne, la Charente amont et aval (Boutonne, Antenne, Aume-Couture, Echelle…), Sèvre Niortaise, Vienne, Clain et Thouet. De plus la sécheresse 2005 s’est avérée à la fois précoce et persistante : une situation difficile dès le mois de juin et de multiples cours d’eau encore touchés au mois de septembre.

    Moins difficile que 2005, l’année 2006 a néanmoins connu un étiage sévère. La sécheresse s’est considérablement développée entre les mois de juin et de juillet, puis elle s’est stabilisée. Les bassins les plus affectés ont été : l’Argence, la Nouère, l’Aume, le Bief, la Couture, l’Auge (Charente), la Seugne, la Seudre, le Trêfle, la Trézence (Charente-Maritime), la Sèvre Niortaise, la Charente et la Boutonne (Deux-Sèvres), le Clain (Deux-Sèvres et Vienne), la Dive du Nord, la Vienne et le sud-est du département de la Vienne. En septembre, le pourcentage de stations d’observations en écoulement visible était encore faible pour la saison.

    Après 2 années favorables, 2009 a vu le retour à une situation de souffrance des milieux aquatiques de Poitou-Charentes.
    La région présente une situation d’étiage marquée dès juin, sans atteindre cependant les niveaux de 2006. Puis la situation s’est dégradée en juillet et août : les bassins dont l’étiage est le plus sévère sont, entre autres, ceux du marais poitevin, des affluents et cours principaux des bassins du Thouet, du Clain, de la Charente, de la Boutonne, de l’Antenne, ... En septembre 2009 la situation est certes moins marquée qu’en 2005, mais moins favorable qu’en 2006, où les épisodes pluvieux de septembre avaient apporté une amélioration sensible sur la plupart des affluents asséchés en été.

    En lien avec le déficit pluviométrique, 2010 et 2011 s’inscrivent dans la continuité de 2009 avec de nombreux assecs et une situation d’étiage se prolongeant à l’automne.

    RDOE - Synthse des observations 2006-2011

    L’année 2011 se singularise des années précédentes du fait de la sécheresse précoce au printemps. La proportion de points en absence d’écoulement en mai 2011 est ainsi plus importante que celle des mois de juin des cinq précédentes années. Juin 2011 constitue la situation la moins favorable depuis 2006 à la même époque. De juillet à septembre 2011, les niveaux d’absence d’écoulement restent importants mais proches de ceux des deux dernières années.

    Points de suivi RDOE en assec - Bilan 2011

    Consultez la carte sur l’atlas cartographique de l’ORE

    En complément du RDOE, des campagnes de suivi des linéaires de cours d’eau sont également menées, deux fois par mois par les Fédérations pour la Pêche et la Protection des Milieux Aquatiques de Poitou-Charentes, associées au Syndicat intercommunal d’aménagement hydraulique du bassin du Né et au Syndicat Mixte du bassin de l’Antenne.

    En 2011, le département le plus touché est une nouvelle fois la Charente-maritime, suivi des Deux-Sèvres et de la Charente (très impactée à la fin de l’été).

    Linaire des cours d’eau en absence d’coulements en 2011

    En Poitou-Charentes, du fait de l’augmentation des prélèvements ces vingt dernières années, les débits des cours d’eau l’été sont de plus en plus faibles et ce pendant des périodes de plus en plus longues. Alors que les assecs historiques semblent s’aggraver, des assecs nouveaux apparaissent sur certains bassins versants, mettant en péril la vie aquatique et limitant beaucoup les apports d’eau douce dans la zone littorale.

    Pour remédier à cette situation, les SDAGE (Schémas Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux) ont fixé, pour certains points du réseau hydrographique (points nodaux [3]), des valeurs de débit de référence (D.O.E. et DCR). Les Débits d’Objectifs d’Etiage (D.O.E.) annoncés ne sont pas partout respectés en Poitou-Charentes, et les Débits de Crise (D.C.R.) sont encore souvent atteints.

    Franchissement du débit de crise (D.C.R.) aux points nodaux de Poitou-Charentes, de 2003 à 2011
    Station D.C.R. (m3/s) Nombres de jours de franchissement du D.C.R. sur la période de juin à septembre
    La Charente (la Côte de Vindelle) 2,5 13 5 76 0 0 0 11 0 14 119
    La Touvre (Foulpougne) 2,8 0 0 0 0 0 0 0 0 0
    Le Né (Salles d’Angles Les Perceptiers) 0,13 57 34 90 ND 2 0 37 44 107 371
    La Seugne (La Lijardière) 0,5 0 0 47 4 0 0 0 0 0 51
    La Boutonne (Moulin de Châtre) 0,4 33 18 78 34 0 0 52 30 15 260
    La Seudre (St André de Lidon) 0,025 59 15 78 11 0 0 17 35 0 215
    La Sèvre Niortaise (La Tiffardière) 1,2 112 9 120 47 12 0 71 1 26 398
    Le Clain (Pont St Cyprien, transitoire avec Dissay) 1,9 12 8 111 29 0 0 44 10 68 282
    La Dronne (Bonnes) 1,8 0 0 35 2 0 0 0 0 19 56
    La Dronne (Coutras) 2,3 nouveau point ou DCR modifié en 2010 ND 75 75
    La Lizonne (St Séverin) 0,25 nouveau point ou DCR modifié en 2010 ND 2 2
    La Charente (Jarnac) 7 nouveau point ou DCR modifié en 2010 ND ND ND
    La Charente (Pont de Beillant) 9 nouveau point ou DCR modifié en 2010 0 15 15
    La Vienne (Pont de Pilas) 9 nouveau point ou DCR modifié en 2010 0 0 0
    La Vienne (Ingrandes) 16 nouveau point ou DCR modifié en 2010 0 1 1
    La Vienne (Lussac les Châteaux) 10 nouveau point ou DCR modifié en 2010 0 0 0
    La Creuse (Leugny) 6 nouveau point ou DCR modifié en 2010 0 0 0
    La Gartempe (Vicq sur Gartempe) 2,5 nouveau point ou DCR modifié en 2010 0 0 0
    La Vendée (Entre Chaix et Auzay) 0,008 nouveau point ou DCR modifié en 2010 ND ND ND
    Le Lay (La Bretonnière) 0,4 nouveau point ou DCR modifié en 2010 7 47 54
    Le Thouet (Montreuil Bellay) 0,2 nouveau point ou DCR modifié en 2010 0 15 15
    La Sèvre Nantaise (Vertou) 0,1 nouveau point ou DCR modifié en 2010 ND ND ND
    TOTAUX 286 89 635 127 14 0 232 127 404 1914
    source : Diren Poitou Charentes, SPC Vienne Thouet, SPC Loire Atlantique traitement : Observatoire Régional de l’Environnement

    Les points nodaux et les valeurs des D.O.E. et D.C.R. ont été revus dans les SDAGE2010-2015.
    A compter de 2010, voici ces nouveaux points :

    Evolution des points nodaux à D.O.E. et D.C.R. dans les SDAGE 2010-2015
    Code Station Etat du point nodal Ancien DOE (m3/s) nouveau DOE (m3/s) Ancien DCR (m3/s) nouveau DCR (m3/s)
    R2240010 La Charente [La Côte de Vindelle] Toujours présent 3 2,5
    R2335050 La Touvre [Foulpougne] Toujours présent 6,5 2,8
    R4122523 Le Né [Salles d’Angles Les Perceptiers] Toujours présent 0,4 0,13
    R5123320 La Seugne [La Lijardière] Toujours présent 1 0,5
    S0114011 La Seudre [Saint-André-de-Lidon] Toujours présent 0,1 0,025
    L2501610 Le Clain à Dissay Toujours présent 3 1,9
    L2341620 Le Clain [Pont Saint-Cyprien] Transitoire pour le DCR 1,7 1,9
    P8312520 La Dronne [Bonnes] Toujours présent 2,3 2,6 2 1,8
    R6092920 La Boutonne [Moulin de Châtre] Toujours présent 0,8 0,68 0,4
    N4300623 La Sèvre Niortaise [La Tiffardière] Toujours présent 3,5 2 2 1,2
    L0920610 La Vienne [Pont de Pilas] Toujours présent 12 13 - 9
    L3200610 La Vienne [Ingrandes] Toujours présent 20 21 - 16
    L1400610 La Vienne [Lussac les Châteaux] Toujours présent 10 15 - 10
    R5250020 La Charente [St Savinien] supprimé 12 5
    L8343010 L’Argenton [Moulin Bernard] supprimé 0,4 0,06
    N3301610 Le Lay à Mareuil sur Lay - Dissais (Vendée) supprimé 0,2 0,09
    N7121810 La Vendée à Pissote [Pont de Crochet] supprimé 0,18 0,08
    L6020710 La Creuse à Leugny nouveau 11,2 6
    L5801810 La Gartempe à Vicq sur Gartempe nouveau 4,4 2,5
    R3090020 La Charente à Jarnac nouveau 10 7
    R5200010 La Charente à Pont de Beillant nouveau 15 9
    Non connu La Vendée au droit du pont routier entre Chaix et Auzay nouveau 0,42 et 0,18 0,08
    N3511610 Le Lay au droit du pont de la D949 (commune de La Bretonnière - La Claye) nouveau 0,4 0,08
    L8402130 Le Thouet à Montreuil Bellay nouveau 0,5 0,2
    Non connu La Sèvre Nantaise à Vertou nouveau 0,58 0,1
    P8462520 La Dronne à Coutras nouveau 3,2 2,3
    P8284010 La Lizonne à St Séverin nouveau 0,62 0,25

    Une étude a été réalisée en 1999 par la Compagnie d’Aménagement des Coteaux de Gascogne (C.A.C.G.) intitulée « Evaluation des ressources en eau et des besoins de l’agriculture en Poitou-Charentes ». Elle met en évidence sur l’ensemble des cours d’eau de Poitou-Charentes, un déficit de l’ordre de 20 millions de m3 pour ne pas descendre en dessous des Débits de Crise et un déficit de l’ordre de 110 millions de m3 pour que les Débits d’Objectif d’Etiage soient garantis.

    Le SDAGE Adour-Garonne préconise en particulier la réalisation de Plan de Gestion des Etiages (P.G.E.) par grandes unités hydrographiques, notamment sur les zones déficitaires, au plus tard deux ans après l’approbation du SDAGE. Ces P.G.E. doivent préciser les valeurs des D.O.E. et D.C.R., les volumes limites de consommation nette, leur répartition entre les usages et les zones, les conditions de limitation progressive des prélèvements et rejets en situation de crise, les conditions d’utilisation des grands barrages et transferts et enfin les modalités de gestion collective des prélèvements et des ressources. Il est recommandé que ces plans soient établis, en l’absence de Commission Locale de l’Eau, selon les modalités inspirées de celles prévues pour les Schémas d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE). La réalisation d’un P.G.E. est la seule démarche qui permette de revoir les valeurs de Débits d’Objectif d’Etiage et de Débit de Crise fixés par le SDAGE, sur la base du rééquilibrage de l’utilisation de la ressource en eau par rapport aux usages existants et aux besoins fondamentaux des milieux aquatiques.

    Deux P.G.E. existent en Poitou-Charentes :

  •  Le P.G.E. du bassin Charente, animé par l’Institution Interdépartementale pour l’aménagement du fleuve Charente et de ses affluents et approuvé par l’Etat le 3 novembre 2004.
  •  Le P.G.E. Isle-Dronne, sous maîtrise d’ouvrage de l’établissement public interdépartemental de la Dordogne (EPIDOR), approuvé le 23 février 2005.

    Pour en savoir plus :
    consultez les bilans annuels d’étiage sur le site du RPDE (onglets "Connaître l’eau et ses usages en région"> "Sa quantité"> "Situations annuelles" ou cliquez ici

    Des inondations, ...

    Le principal risque naturel auquel est soumise la région Poitou-Charentes est le risque d’inondation. Il résulte de la conjonction d’un aléa naturel, et de la vulnérabilité des activités humaines face à cet aléa.

    Les inondations sont la conséquence des crues des cours d’eau, phénomène naturel d’ampleur variable selon les conditions. Lors des crues, le cours d’eau déborde de son lit mineur et envahit son lit majeur. Elles se produisent essentiellement en hiver, lorsque les sols, saturés en eau, ne permettent plus aux eaux de pluie de s’infiltrer, et que l’absorption par la végétation est limitée par la faible activité photosynthétique. L’importance du ruissellement superficiel, générateur de la crue, est d’autant plus marqué que l’épisode pluvieux est intense.
    Si tous les cours d’eau de la région connaissent des crues, les caractéristiques de celles-ci varient en fonction de la taille, de la morphologie, de la végétation et du substrat géologique des bassins versants. Certains cours d’eau connaissent une montée des eaux très lente, une durée d’inondation se chiffrant en jours, voire en semaines, et une décrue progressive : le fleuve Charente en est l’exemple typique, le Clain et la Sèvre Niortaise ont un comportement analogue. A l’opposé, les cours d’eau issus du socle cristallin présentent des crues soudaines et de courte durée : c’est le cas notamment du Thouet et de la Gartempe. La situation de la Vienne est intermédiaire.

    Carte du risque inondations en Poitou-Charentes. 2009.

    La vulnérabilité face aux inondations est liée à la présence des villes qui, au cours de l’Histoire, se sont développées le long des vallées. Les principales agglomérations concernées par le risque d’inondation en Poitou-Charentes sont : Angoulême, Cognac et Saintes sur la Charente, Niort sur la Sèvre Niortaise, Poitiers sur le Clain, Châtellerault sur la Vienne, Montmorillon sur la Gartempe.

    En 1994, l’Etat a engagé un programme décennal de lutte contre les inondations. Partant du constat que, dans bien des cas, les crues des dernières décennies étaient aggravées par le mauvais état des cours d’eau, ce programme privilégie leur restauration, préalable à leur entretien régulier. Il prévoit également la restauration des champs d’expansion des crues, zones de stockage naturel qui, en retenant l’eau, en limitent les effets à l’aval, et la protection localisée des zones les plus vulnérables, par endiguement notamment.

    Mais la protection contre les inondations repose avant tout sur la prévention. C’est pourquoi la législation a prévu la mise en place des P.P.R.N. (plans de prévention des risques naturels prévisibles). Après cartographie de l’aléa et des enjeux, concrétisée sous forme d’atlas des zones inondables, les P.P.R. « inondations » fixent de nouvelles règles d’urbanisme : interdiction de toute nouvelle construction dans les zones soumises à l’aléa le plus fort, prescriptions particulières dans les zones soumises à un aléa modéré. Ils s’imposent aux plans local d’urbanisme (PLU) (anciens plans d’occupation des sols -POS-).

    Limiter les dommages causés par les inondations, c’est aussi informer et éduquer les citoyens. Les D.C.S. (documents communaux synthétiques) présentent les risques naturels et technologiques auxquels chaque commune est soumise, ainsi que les mesures à prendre pour y faire face. Les services d’annonce des crues, dépendant des Directions Départementales de l’Equipement (D.D.E.), gèrent des réseaux de surveillance qui permettent d’alerter la population, par le biais des maires, en cas de crue. Des réseaux d’annonce des crues sont en place sur la Vienne, le Clain et la Sèvre Niortaise. Deux nouveaux réseaux sont en voie d’achèvement, cofinancés par l’Etat et des collectivités locales, l’un sur la Charente (D.D.E. de la Charente et de la Charente-Maritime, Institution Charente), l’autre sur le Thouet (D.D.E. des Deux-Sèvres, Syndicat Mixte de la Vallée du Thouet).

    Les dernières fortes inondations ayant été observées en Poitou-Charentes remontent à fin février 2010. Elles ont été provoquées par la tempête Xynthia qui a frappé la France durant la nuit du 27 au 28 février 2010. Cette tempête associée à de fortes marées ont conduit à la rupture de nombreuses digues notamment en Charente-Maritime. Les îles d’Oléron, de Ré, d’Aix et l’île Madame ont par ailleurs été particulièrement touchées par cette catastrophe naturelle (Pour en savoir plus).


    Pour en savoir plus sur le site du R.P.D.E. consultez les rubriques :
    RPDE > Connaître l’eau et ses usages en région > Sa quantité > Assecs
    RPDE > Connaître l’eau et ses usages en région > Sa quantité > Inondations
    RPDE > La gestion de l’eau > Rivières et crues
    RPDE > Niveau marais
    RPDE > Niveau nappes
    RPDE > [Débits des cours d’eau- >http://www.eau-poitou-charentes.org/Le-suivi-des-debits.htmll]

    La prolifération d’espèces envahissantes ...

    Comme dans de nombreuses régions, certains cours d’eau et marais de Poitou-Charentes sont peu à peu envahis par des espèces exotiques ou autochtones modifiant de façon importante les conditions d’écoulement, en encombrant le lit des cours d’eau ou les plans d’eau, en fragilisant les berges ou les ouvrages, et en modifiant les paramètres physico-chimiques de l’eau (oxygène, matière organique, éléments minéraux …). Ces proliférations sont responsables de gênes pour les activités humaines et peuvent modifier les équilibres des écosystèmes en provoquant la disparition ou le développement d’autres espèces.

    Parmi les espèces animales, le ragondin, espèce autochtone, est particulièrement concerné. Une population importante peut mettre à mal les berges des cours d’eau et canaux, et provoquer leur comblement. Il est possible de réguler leur population et leurs dégâts par la mise en place d’une surveillance et d’un piégeage coordonné sur un territoire. C’est notamment le cas dans le Marais Poitevin où des agents de marais ont été mis en place dans cet objectif.

    Parmi les espèces végétales, la Jussie, espèce introduite en provenance d’Amérique du Sud il y a plus d’un siècle, colonise les eaux calmes et éclairées. Cette plante, grâce à sa capacité de développement rapide et considérable, constitue rapidement de vastes herbiers à fleurs jaunes, et élimine la possibilité pour d’autres plantes de subsister. Elle est fortement présente sur la Vienne, le Thouet, la Sèvre-Niortaise et le Marais Poitevin, et les marais de Charente-Maritime. Des programmes d’actions sont mis en place pour tenter de limiter son extension aux moyens d’interventions chimiques et mécaniques. Il est probable qu’il sera nécessaire, comme pour le ragondin, d’instaurer une surveillance en continu et une régulation d’entretien pour maintenir l’espèce en dessous de seuils acceptables. Son éradication ne semble pas envisageable.
    La prolifération des plantes exotiques envahissantes cause déjà depuis de nombreuses années, en Poitou-Charentes, des nuisances sur le fonctionnement des hydrosystèmes tant pour la biodiversité (altération des peuplements aquatiques, modification morpho dynamique des cours d’eau…) que pour les usages (entrave hydraulique à la libre circulation de l’eau, gêne pour le loisir pêche, entrave à la baignade, entrave à la navigation…).
    Pour faire face à cette situation, différentes initiatives ont émergé en Poitou-Charentes dont notamment la création d’un Observatoire Régional des plantes exotiques ENVahissantes des écosystèmes Aquatiques (ORENVA), initié en 2007 par la Région Poitou-Charentes.
    Ce projet, qui prévoit l’organisation de la lutte à une échelle collective afin de mutualiser les pratiques et les moyens, induit l’existence de relais locaux et la mise en place d’une couverture exhaustive de surveillance du territoire sur ce thème. Un SIG régional a été crée pour accueillir et valoriser les données de terrain et avoir une vision partagée et exhaustive du territoire. Cet observatoire affiche également sa volonté d’échanges et d’intégration avec les régions mitoyennes, et avec l’échelon de bassin.

    Exemple de valorisation des observations de terrain : la carte d’tat de la colonisation par la Jussie en Poitou-Charentes (2010)

    Pour en savoir plus :
    Site de l’ORENVA
    Site de la DREAL rubrique Nature, Eau, Sites et Paysages
    Site du R.P.A.P.N. (biodiversité en Poitou-Charentes) rubrique Mieux connaître la biodiversité

    ... et des aménagements hydrauliques nombreux

    Il s’agit principalement :

  •  de petits ouvrages hydrauliques sur les cours d’eau, hérités des activités humaines disparues (meunerie, …) ou toujours existantes (par exemple, en 1998 en Poitou-Charentes, on peut dénombrer de manière non-exhaustive une quarantaine de petites centrales hydroélectriques),
  •  de grands barrages (cf. carte du réseau hydrographique et des grands aménagements) tels celui du Cébron sur le Thouet (réserve de 11 millions de m3 d’eau) et de la Touche-Poupard sur le Chambon, affluent de la Sèvre Niortaise (réserve de 15 millions de m3 d’eau), dans les Deux-Sèvres, et dans le département de la Charente, barrage de Mas Chaban sur la Moulde (plan d’eau de 174 ha et réserve de 14 millions de m3 d’eau) et celui de Lavaud sur la Charente (plan d’eau de 225 ha et réserve de 10 millions de m3 d’eau). Ces barrages permettent de réalimenter les cours d’eau en période estivale (barrages de soutien d’étiage).
    Les grands barrages en Poitou-Charentes
    Nom du barrage Gestion assurée par Cours d’eau Bassin versant en km² Volume total en millions de m3 Vocation
    Puy Terrier (79) Conseil Général des Deux-Sèvres et CAEDS Cébron 162 11 Soutien d’étiage
    Touche Poupard (79) Conseil Général des Deux-Sèvres et CAEDS Chambon 55 15 Soutien d’étiage
    Lavaud (16) Institution Charente Charente 42 10 Soutien d’étiage
    Mas Chaban (16) Institution Charente Moulde - 14 Soutien d’étiage
    Chardes (86) E.D.F. Vienne - 1,5 Production d’électricité
    La Roche (86) E.D.F. Vienne - 4,43 Production d’électricité
    Jousseau (86) E.D.F. Vienne 4 950 4,78 Production d’électricité
    source : DIREN Poitou-Charentes

    Pour en savoir plus :
    Sur le site du R.P.D.E. > La gestion de l’eau > Rivières et crues > Aménagement des cours d’eau
    Sites Internet de :
    Institution du Fleuve Charente : http://www.fleuve-charente.net/
    Conseil Général des Deux-Sèvres : http://www.deux-sevres.com/

    [1Le débit d’étiage est le plus faible débit d’un cours d’eau.

    [2C’est l’enrichissement excessif du milieu aquatique en nutriments (nitrates et essentiellement phosphates) provoquant un déséquilibre grave de la flore et de la faune aquatique, dû notamment à la baisse de la teneur en oxygène dissous lors de la phase de décomposition. Cet excès de matière nutritive se traduit par l’envahissement de l’eau par une production végétale surabondante. D’autres facteurs concourent à l’eutrophisation comme le ralentissement de la vitesse de l’eau, l’augmentation de la température et de l’éclairement.

    [3Les points nodaux sont des stations de mesures de débit situées soit à l’aval des principaux sous-bassins versants, soit en des points intermédiaires stratégiques des cours d’eau.

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