Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     
Sommaire

L’eau, fluide vital Approche qualitative

La dégradation des eaux littorales
De la surveillance …

La surveillance de la qualité du milieu marin porte sur des paramètres généraux (température, salinité, sels nutritifs -nitrate, nitrite, ammonium, phosphate, silicate-, chlorophylle, phéopigments, oxygène dissous), des paramètres physico-chimiques et des paramètres bactériologiques.

Les sources de contamination des eaux marines, variées, peuvent être :

  •  des rejets en mer (trop pleins de réseaux d’eaux usées, réseaux pluviaux contaminés, stations d’épuration),
  •  des activités portuaires,
  •  des apports de polluants par le ruissellement de l’eau sur des sols contaminés,
  •  des eaux continentales contaminées,
  •  des masses d’eau contaminées déplacées par les courants et qui peuvent avoir un impact sur un site parfois éloigné de la source de contamination,
  •  des remises en suspension des sédiments contaminés lors de fortes tempêtes,
  •  des remises en suspension de matières lors de l’évacuation des eaux de marais.

    Assurée depuis 1974 par le Réseau National d’Observation (R.N.O.) et par la DDASS (dans le cadre de la surveillance des eaux de baignade en mer), la surveillance du littoral de Charente-Maritime porte sur les paramètres généraux de la qualité des eaux marines et sur les polluants présents dans la matière vivante (les moules et les huîtres possèdent la particularité d’accumuler certains contaminants présents dans les eaux).
    Le R.N.O. est devenu le Réseau d’observation de la contamination chimique (ROCCH) à partir de 2008.
    Jusqu’en 2007 inclus, le R.N.O. a mesuré les métaux (argent, cadmium, chrome, cuivre, magnésium, nickel, plomb, vanadium, zinc), les hydrocarbures polyaromatiques (HAP), les P.C.B., le lindane et les résidus de D.D.T.. Depuis sa restructuration en 2008, intégrant la mise en oeuvre de la Directive Cadre sur l’Eau (D.C.E.), la surveillance des contaminants chimiques dans le cadre du ROCCH est décentralisée auprès des agences de l’eau. Les résultats de cette nouvelle stratégie ne sont pour le moment pas disponibles. La surveillance chimique coordonnée et réalisée par Ifremer ne concerne plus que les 3 métaux réglementés au titre de la surveillance sanitaire (Cadmium, Mercure et Plomb).

    Depuis 1989, la surveillance des paramètres bactériologiques est assurée par le Réseau de surveillance Microbiologique du littoral charentais (REMI).
    Ce suivi se fait par l’analyse bactériologique de coquillages : huîtres et moules en particulier. L’évaluation de la contamination est basée sur le dénombrement, dans 100 grammes de chair et de liquide intervalvaire, des bactéries « Escherichia Coli » (E.coli), encore appelées « germes tests de contamination fécale ».
    Les résultats de ce réseau sont utilisés pour le classement de salubrité des zones de production et des zones de parcage des coquillages vivants. Il a également pour objet la validation continue de ce classement..

    (Le règlement 854/2004 C.E. du 29 avril 2004 du Parlement européen fixe de nouvelles règles de classement, plus contraignantes que celles de l’Arrêté du 21 mai 1999. Elles sont en application depuis le 01/01/2006)

    Le suivi de la qualité sanitaire des zones de producton professionnelle de coquillages et le classement de salubrité (depuis le 01/01/2006)
    Zonage conchylicole Paramètres bactériologiques Paramètres chimiques Utilisation/consommation
    CLASSE A 100% des valeurs obtenues sont < 230 E.coli / 100g de chair et de liquide intervalvaire La contamination moyenne doit être :

    - Mercure (Hg) total : < 0,5 mg/kg de chair humide

    - Cadmium (Cd) : < 1 mg/kg de chair humide

    - Plomb (Pb) : < 1,5 mg/kg de chair humide

    Elevage et consommation direct autorisées
    CLASSE B 100 % des valeurs obtenues sont < 4600 E.coli/100g de chair et de liquide intervalvaire Elevage et soncommation autorisés après purification
    CLASSE C 100 % des valeurs obtenues sont < 46000 E.coli/100g de chair et de liquide intervalvaire Elevage et consommation interdits

    Le Réseau de surveillance du Phytoplancton (REPHY) a été créé en 1984 par l’IFREMER, suite au développement sur les côtes françaises d’une espèce de phytoplancton appartenant au genre Dinophysis, ayant la propriété de produire des toxines s’accumulant dans les coquillages.


    Pour en savoir plus sur le site de l’Ifremer :
    Réseau ROCCH - ex R.N.O.
    Réseau REMI
    Réseau REPHY
    … à l’attribution d’une qualité

    D’une façon générale, les eaux du littoral Poitou-Charentes apparaissent comme peu contaminées avec une forte variabilité spatiale.
    Le Réseau National d’Observation (R.N.O.) met en évidence sur la période 2002-2009 (cf. tableau « Synthèse des bulletins R.N.O. 2002-2009, IFREMER) :

  •  une réduction des apports par la Gironde, des teneurs en cadmium proches du seuil sanitaire et en augmentation dans certains secteurs. L’hypothèse d’une pollution secondaire par le fleuve Charente est étudiée ;
  •  les teneurs en plomb restent sous le seuil réglementaire. La tendance générale est à la diminution ;
  •  les teneurs en mercure sont stables ou à la baisse ces dernières années ("Les Palles", Boyardville", "Dagnas", "Mus de Loup") ;
  •  les teneurs en cuivre sont au-dessus de la médiane nationale, marquées par des augmentations importantes pour certains secteurs (« les palles »…) ;
  •  les teneurs en zinc se stabilisent ou diminuent suivant les secteurs ;
  •  la teneur des insecticides est en diminution ;
  •  les concentrations en argent, chrome, nickel et vanadium sont supérieurs à la médiane nationale dans les zones d’interactions eaux continentales/eaux marines (baie, estuaire…).

    NB : La surveillance chimique coordonnée et réalisée par Ifremer ne concerne à partir de 2009 plus que les 3 métaux réglementés au titre de la surveillance sanitaire (Cadmium, Mercure et Plomb).
    En 2009 il n’y a de données nouvelles que pour ces trois métaux.

    Au cours des années 2005 à 2009 la surveillance régulière via le Réseau de suivi Microbiologique s’est opérée sur une quarantaine de points répartis dans 31 zones classées.

    Il en résulte sur ces années que les classes de qualité des zones conchylicoles évoluent peu malgré des conditions pluviométriques différentes.
    La qualité bactériologique des coquillages non fouisseurs est bonne sur la quasi-totalité du littoral charentais, la majorité des zones étant en classe A, à l’exception des zones :

  •  de La Pallice/Baie de La Rochelle et du nord de l’estuaire de la Gironde, classées D ;
  •  de la Seudre amont, de Ronce les Bains, du sud Pointe des Minimes, de l’estuaire de la Sèvre Niortaise, d eLa Flotte et de La Moulinatte, classées B.
  •  de l’est du pertuis Breton, classée A/B.
    Classement sanitaire des zones conchylicoles - Bivalves non fouisseurs
    200520072010
    Classement sanitaire des zones conchylicoles - Bivalves fouisseurs
    200520072010

    Le réseau REPHY a mis en évidence quelques épisodes de présence de Dinophysis qui ont entraîné des périodes de fermetures de la pêche sur le littoral charentais :

  •  en 1987, pendant près d’un mois (du 27/05/1987 au 30/06/1987) le ramassage et la commercialisation de ces derniers ont été interdits sur toutes les zones littorales de la Charente-Maritime ;
  •  au printemps 1999, du 12 mai au 2 juin, plusieurs secteurs ont été fermés. L’arrêté pris à cette occasion n’a pas concerné les huîtres et les gastéropodes.
  •  en 2002 et 2004, deux brefs épisodes toxiques ont conduit à des interdictions de pêche et de commercialisation d’une semaine dans le pertuis breton ;
  •  en 2006, deux interdictions de pêche et de commercialisation des moules d’une semaine ont eu lieu dans le pertuis breton et sur la côte de l’Aiguillon au cours du mois de mai ;
  •  en 2007, des arrêtés préfectoraux d’interdiction temporaire de pêche, ramassage, expédition et commercialisation ont été pris en Vendée (huîtres, parcs du Havre de la Gachère, du 17 mai au 31 mai), en Charente maritime (11 juin) et dans le pertuis breton (moules, du 21 juin au 6 juillet).
  •  en 2009, la Seudre amont a, de nouveau, connu quelques alertes dues à la mauvaise qualité sanitaire des eaux. De nombreuses réunions se sont tenues en cours d’année avec les services de l’état en Vendée et Charente-Maritime pour aboutir à une révision du classement des zones de production conchylicole en décembre pour la Vendée et en février 2010 pour la Charente-Maritime. Ce classement entérine la dégradation de la qualité microbiologique d’une partie des côtes de l’île de Ré et de la Seudre amont.

    La présence de phytoplanctons toxiques est ainsi régulièrement détectée dans les eaux du littoral, mais les niveaux d’alerte sont rarement atteints.

    Enfin, les gisements conchylicoles de la baie de l’Aiguillon présentent périodiquement des teneurs excessives en germes bactériens d’origine fécale [1] , véhiculés par les réseaux hydrographiques (Sèvre Niortaise, Lay, …) drainant les bassins d’alimentation.
    (source : Ifremer)

    Synthse des bulletins R.N.O. IFREMER 2002/2008
    Synthse des bulletins R.N.O. IFREMER 2002/2008

    Pour en savoir plus sur le site du R.P.D.E. :
    Mieux connaître l’eau en Poitou-Charentes > Qualité > Eaux littorales
    ou cliquez ici

    [1Le germe témoin de cette contamination fécale est Eschérichica Coli. Source : SOGREAH PRAUD

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