Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     
Sommaire

L’eau, fluide vital Répartition

Des formes variées de la ressource en eau ...


  •  Plan :
    Les eaux superficielles
    Les eaux souterraines
    Les eaux littorales
    Les zones humides
    ...Les marais de Charente-Maritime
    ...Le Marais Poitevin

    Les eaux superficielles

    Les eaux superficielles comprennent d’une part les eaux courantes, les zones de source, les cours d’eau, les canaux, et d’autre part les eaux stagnantes, les retenues, les étangs, les lacs, … L’aire d’alimentation d’un cours d’eau ou d’un lac correspond au bassin versant de ce cours d’eau, ou bassin hydrographique.

    Carte des bassins versants de Poitou-Charentes.2009.

    Pour en savoir plus sur le site du R.P.D.E.-Les différents écosystèmes aquatiques.
    Pour en savoir plus sur le site du R.P.D.E.-Les bassins versants

    La région Poitou-Charentes comptabilise 7 260km de cours d’eau (17 074 km avec le petit chevelu) auxquels correspondent 29 bassins hydrographiques.

    Le réseau hydrographique en Poitou-Charentes a été beaucoup aménagé au cours des siècles pour différents usages. Ainsi, de nombreux bras, dérivations, plans d’eau, ont été artificiellement créés par l’Homme, et sont régis par une multitude d’ouvrages hydrauliques qui gèrent les débits et les niveaux d’eau.

    Pour en savoir plus sur le site du R.P.D.E.-Aménagements de cours d’eau.

    Les eaux souterraines

    La carte géologique de la région montre que 80% de son territoire affleurent des formations sédimentaires renfermant de nombreux aquifères. Les ressources en eau souterraine de Poitou-Charentes sont donc importantes, mais le plus souvent à faible profondeur, ce qui les rend vulnérables aux aléas climatiques et aux pollutions.

    Sept ensembles aquifères principaux sont identifiés en Poitou-Charentes :

  •  les massifs dunaires littoraux situés en Charente-Maritime,
  •  les dépôts détritiques du Tertiaire du sud de la Charente-Maritime,
  •  les calcaires du Senonien-Turonien du sud de la région :
      • les dépôts calcaires du Maastrichtien,
      • les calcaires du Coniacien-Turonien,
      •  les calcaires du Jurassique supérieur,
      •  les calcaires du Jurassique moyen ou Dogger,
      •  les calcaires du Jurassique inférieur ou Lias.

    Certains systèmes aquifères de Poitou-Charentes ont une importance stratégique pour l’alimentation en eau potable :

  •  l’Infratoarcien, système aquifère captif, est principalement exploité au sud-ouest d’une ligne allant de Parthenay-Confolens, à la frontière entre les départements des Deux-Sèvres et de la Charente-Maritime. Au delà, les eaux de cet aquifère ont un intérêt thermal.
  •  le Turonien, nappe libre au nord du seuil du Poitou et nappe captive fortement productive au sud de la région (partie exclusivement exploitée), est la principale ressource en eau de la moitié sud du département de la Charente-Maritime, et la seule ressource en eau importante du département de la Charente, au sud d’une ligne Cognac-Angoulême.
  •  le Cénomanien, aquifère libre au droit de Châtellerault (nord du seuil du Poitou), devenant captif vers le nord, est le plus important de cette région. Au sud du seuil du Poitou, il constitue localement un excellent réservoir composé de sables et de calcaires en Charente-Maritime.

    En matière d’irrigation le système aquifère du Supratoarcien est le plus sollicité par l’irrigation dans le département de la Vienne, 80% des prélèvements agricoles y étant effectués.

    Les eaux littorales

    Le littoral est l’aire géographique où l’influence de la mer se fait sentir à l’intérieur des terres. A la différence du milieu continental où les eaux circulent d’amont en aval, la marée entraîne en milieu littoral une circulation des eaux aussi bien de l’amont vers l’aval que l’inverse. Le bassin recevant est l’aire soumise à ces apports marins et terrestres.

    La côte a été modifiée par des cordons dunaires et des polders aménagés dès le XVIIIème siècle de part et d’autres des estuaires : marais charentais et poitevin. Elle abrite environ 500 km de bouchots, 2 800 ha de parcs sur le domaine public de Marennes-Oléron et 3 000 ha de bassins en retrait, où sont affinées certaines catégories d’huîtres. Les marais salants, qui couvraient 4 000 ha en Charente-Maritime au début du siècle, sont aujourd’hui abandonnés. Les zones basses et abritées de l’estuaire la Seudre et d’Oléron sont consacrés à l’ostréiculture.

    Les eaux littorales, qui bordent la Charente-Maritime et les îles de Ré, d’Oléron, d’Aix et de Madame, représentent une façade de 440 km (soit 6% du littoral français). Trois pertuis, zones abritées délimitées par les îles et par le continent, correspondent à des mers « intérieures » :

  •  le pertuis breton est un détroit entre l’île de Ré, le littoral Vendéen et le continent (de l’Anse de l’Aiguillon à La Rochelle), représentant une mer intérieure de 360 km²,
  •  le pertuis d’Antioche, limité par le sud-ouest de l’île de Ré, le nord-est de l’île d’Oléron et le continent (de La Rochelle à la pointe de la Fumée à Fouras) représente une mer intérieure de 350 km²,
  •  le pertuis de Maumusson, passage étroit entre l’île d’Oléron et le continent, correspond au bassin de Marennes-Oléron et représente une mer intérieure de 260 km².

    Carte de localisation des pertuis charentais

    Une autre partie de la ressource en eau du littoral (11% de sa surface) est présente sous forme de zones humides.

    Les zones humides

    Les zones humides sont des espaces de transition, maritimes ou continentaux, de plaine ou d’altitude, entre la terre et l’eau. La notion de zone humide recouvre une grande variété de situations. Vasières, estuaires, étangs, marais, forêts riveraines des cours d’eau, prairies humides, tourbières, …

    les zones humides ont été définies par la Convention de Ramsar, puis par la Loi sur l’Eau du 3 janvier 1992 :
    « on entend par zone humide les terrains exploités ou non, habituellement inondés ou engorgés d’eau douce, salée ou saumâtre, de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année. »

    Les zones humides constituent des territoires d’exception mondialement renommés pour leur patrimoine naturel : elles sont considérées comme les plus riches et les plus productives biologiquement. Elles remplissent des fonctions multiples et importantes, dont le maintien et l’amélioration de la qualité de l’eau (rôle de filtre épurateur), la régulation des régimes hydrologiques (rôle d’éponge), l’accueil d’une faune et d’une flore remarquables (fonction d’alimentation, de reproduction et de refuge), la régulation des microclimats.
    Du point de vue des activités humaines, les zones humides sont appréciées pour les productions agricole, piscicole et conchylicole. Elles appartiennent au patrimoine paysager et culturel et sont fréquemment le support d’activités touristiques ou récréatives. Enfin, elles constituent d’excellents supports pédagogiques et scientifiques en matière de fonctionnement des écosystèmes.

    Dix zones humides remarquables, élément essentiel du patrimoine écologique de la région Poitou-Charentes, ont été répertoriées et réparties en diverses catégories :

  •  les marais agricoles aménagés : Sèvre Niortaise et Venise Verte, marais Poitevin, marais de Rochefort, marais de Brouage,
  •  les baies et estuaires marins plats : baie de l’Aiguillon, estuaire de la Charente et anse de Fouras, estuaire de la Seudre, marais des bords de Gironde,
  •  les vallées inondables : la Charente de Villognon à Tonnay-Charente et ses affluents, la Seugne, la Boutonne, la Vienne et ses affluents …
  •  les zones humides continentales, notamment dans le Montmorillonnais.
    Les marais de la Charente-Maritime

    La Charente-Maritime est couverte pour presque les deux tiers de sa surface par des marais. La circulation de l’eau y est permise grâce à des réseaux de chenaux et de canaux, d’écluses et de vannages … Les canaux principaux et leurs écluses à la mer servent à évacuer les eaux douces à marée basse. A marée haute, certains marais sont isolés des eaux salées, tandis que d’autres laissent pénétrer des eaux côtières.

    Ainsi, selon leur degré de salinité, deux grands types de marais sont définis :

  •  les marais alimentés en eau salée (environ 20 000 ha), qui comprennent les marais salants, les marais conchylicoles (claires, réserves ou bassins d’expéditions et bassins dégorgeoirs), les marais à poissons (piégeage d’alevins et pêche au terme de leur croissance), les marais aquacoles (palourdes, crevettes, poissons …) en développement, les prairies salées exploitées par l’élevage extensif. La végétation naturelle des marais salés est appelée schorre.
  •  les marais alimentés en eau douce (environ 80 000 ha), qui correspondent soit à d’anciens marais salés dans lesquels l’eau de mer ne pénètre plus (leur physionomie s’en ressentant), soit à des marais issus du processus de poldérisation (grandes parcelles et réseaux rectilignes), soit à des marais mouillés liés à la dynamique des rivières et des fleuves au parcellaire de faible dimension et souvent plus boisés. Ces marais sont soit des marais remplis par les eaux de pluie ou les inondations hivernales (Marais Saintongeais), soit des prairies naturelles drainées par un réseau de canaux (Marais Poitevin, Marais de Rochefort). Caractérisés par une grande sécheresse estivale du sol, ces marais sont éventuellement le siège d’un élevage extensif.

    Les marais peuvent aussi être classés par type d’usage :

  •  marais naturels (vasières, prés salés, lagunes, marais rétro dunaires),
  •  marais agricoles (marais desséchés aménagés, marais mouillés ),
  •  marais salés endigués,
  •  et depuis peu, marais aménagés pour les loisirs (plans d’eau aménagés pour la chasse aux canards, ports de plaisance aménagés sur d’anciens marais salants …).

    Les usages en marais ont évolué en fonction des marchés et des technologies : pour les marais salés, du sel à l’ostréiculture et à l’aquaculture ; pour les marais doux, d’une polyculture à l’élevage laitier et à la culture céréalière … Depuis, on assiste à un rééquilibrage des activités sous les contraintes des possibilités économiques et d’un souci de préservation d’un patrimoine unique.)

    Pour en savoir plus :
    Le site du Forum des Marais Atlantiques : http://www.forum-marais-atl.com/
    Le site de l’Union des Marais de la Charente Maritime : http://www.unima.fr

  • Le Marais Poitevin

    Le Marais Poitevin, 2nde zone humide française par son importance après la Camargue, élément essentiel de l’ensemble des Marais de l’ouest, est désigné depuis 1995 comme zone pilote dans le plan gouvernemental en faveur des zones humides. Couramment caractérisé par une surface de plus de 97 000 hectares, réparti sur 89 communes, 3 départements (Charente-Maritime, Deux-Sèvres et Vendée), et 2 régions (Pays de Loire et Poitou-Charentes), le territoire du Marais Poitevin, de topographie homogène à l’exception des îlots calcaires et des espaces cotiers (dune, schorre, slikke), est structuré autour de grands axes hydrauliques : le Lay, la Vendée, les Jeune et Vieille Autises, la Sèvre Niortaise, la Courance, le Mignon et le Curé. Le Marais Poitevin débouche dans la Baie de l’Aiguillon (un des sites les plus importants de France pour l’accueil de l’avifaune migratrice, d’ailleurs classé en réserve naturelle), vaste ensemble de prés salés et de vasières.

    Le Marais Poitevin s’est construit par aménagements successifs depuis le Moyen-Age, afin de conquérir des territoires exploitables sur l’espace côtier. Ainsi, des « casiers » furent isolés au moyen de digues, autant du côté mer que du côté amont, un réseau de fossés secondaires drainant les eaux vers un fossé extérieur, les laissant s’échapper à marée basse par un système de vannes. Des marais devenus desséchés ont alors été mis en culture. Parallèlement, des espaces destinés à l’expansion des crues (préfiguration des actuels marais mouillés) furent conservés, afin de protéger les marais desséchés. Les travaux d’aménagement se sont poursuivis jusqu’à la 2nde moitié du XXème siècle, où ils ont pris une dimension supérieure, du fait de la mécanisation des engins, de nouvelles technologies hydrauliques et d’investissements conséquents pour la mise en culture de l’essentiel du territoire du Marais Poitevin. Un double mouvement fut ainsi instauré : réduire la durée des crues et évacuer l’eau en hiver, mais aussi retenir l’eau en saison sèche par le renforcement et la multiplication des barrages pour irriguer les terres.

    L’ensemble du territoire est ainsi structuré autour du réseau hydraulique, hiérarchisé et compartimenté avec de nombreuses connexions. Les espaces en eau constituent des voies d’échange à l’intérieur du territoire mais aussi entre les espaces maritimes et les îles ou coteaux. Enfin, ce territoire présente des liens forts avec les nappes souterraines amont (Lias, Dogger), très réactives et affleurantes en différents points du marais, notamment au fond de certains fossés, de sources de bordure, et même parfois au niveau du sol.

    Le caractère « zone humide » du Marais Poitevin n’apparaît pas de façon identique sur l’ensemble du territoire, différents types d’espaces de marais se distinguant en fonction de la structuration imposée par l’Homme :

  •  les fonds de vallées humides en amont,
  •  les marais mouillés : cette unité comprend une zone de marais et ses bassins d’alimentations directs (hors crue des principaux cours d’eau), marais inondables par crue ou engorgement en période pluvieuse, situés dans les parties amont du Marais Poitevin, correspondant aux lits majeurs des rivières et des fleuves (la « Venise Verte » dans la partie orientale),
  •  les marais desséchés : cette unité comporte une zone de marais ainsi qu’une zone de plaine alimentant directement les marais, marais isolés des crues par endiguement, à réseau hydraulique organisé radialement et dont l’écoulement des eaux s’effectue de façon gravitaire.

    Les marais mouillés et les fonds de vallées humides constituent des sites exceptionnels sur le plan de la flore (espèces rares telles que la renoncule à feuilles d’ophioglosse, l’iris bâtard, l’étoile d’eau …) et de la faune, notamment en matière d’avifaune migratrice (canards, oies cendrées, vanneaux huppés, barges, courlis …), de poissons, de batraciens (rainette verte …) et de mammifères (loutre d’Europe …). Les marais desséchés sont également très fréquentés par les oiseaux aquatiques en période de migration, notamment lorsque les marais sont recouverts d’eau. Les digues et les îles de ces marais servent de refuges à certaines espèces vulnérables aux crues d’hiver telles que les hérissons, les crapauds, les couleuvres, les grenouilles rousses … Les grands canaux bordés de buissons hébergent également de nombreuses espèces de passereaux et de hérons. Canaux, conches, fossés et mares sont le domaine de nombreuses plantes aquatiques et d’une multitude d’invertébrés représentant un potentiel alimentaire inépuisable. Les bords de fossés et les prairies sont colonisés par une grande variété de plantes de berges comme les laîches, le roseau, les massettes, la reine des prés, l’iris faux-acore …
    Au regard de critères écologiques et hydrauliques, certains dysfonctionnements dans le Marais Poitevin sont souvent décrits tels le manque d’eau estival, les inondations accrues dans les marais mouillés en hiver, l’assèchement de larges zones, la diminution de la richesse biologique et les conflits d’usage de l’eau, en particulier en matière de gestion des niveaux.

    NB : Schorre = pré salé couvert de plantes halophiles ; Slikke = vasières)

    Pour en savoir plus :
    Le site du Parc Interrégional du Marais Poitevin : http://www.parc-marais-poitevin.fr/

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