Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     
Sommaire

L’eau, fluide vital Approche qualitative

La dégradation des cours d’eau
De la mesure de paramètres de qualité des eaux superficielles …

La qualité des cours d’eau est déterminée par des paramètres ayant un rôle important pour la vie dans les cours d’eau et la santé publique (les cours d’eau servent d’exutoire naturel et de moyens de transports des rejets des activités humaines), et retenus par le Ministère de l’Environnement et les agences de l’eau. Il s’agit principalement des matières en suspension (M.E.S.), des microalgues en suspension, des matières organiques et oxydables, de l’oxygène dissous, des matières azotées et phosphorées, des nitrates, des produits phytosanitaires, … de la température, de l’acidité (p.H.), des sels dissous, des métaux lourds, de la bactériologie …

… à l’attribution d’une classe de qualité des cours d’eau …

Cinq classes décrivent la qualité de l’eau. La classe de qualité obtenue par le paramètre le plus défavorable est attribuée au cours d’eau.

Caractéristiques des classes de qualité des Cours d’eau :
Classe Représentation Qualité Caractéristiques
Classe 1A Bleu qualité excellente Tous les usagers sont satisfaits. Les eaux sont facilement transformables en eau potable. Elles permettent la vie piscicole et la reproduction des poissons.
Classe 1B Vert Qualité bonne
Classe 2 Jaune Qualité passable Les usages récréatifs occasionnels sont possbiles, mais la baignade est interdite. La production d’eau potable est possible. La reproduction de certains poissons peut être aléatoire
Classe 3 Orange Qualité médiocre Les eaux sont utilisables pour les usages industriels peu exigeants. La production d’eau potable est déconseillée. La survie des poissons est aléatoire.
Classe H.C. Rouge Pollution excessive Ces eaux, excessivement polluées, sont inaptes à la plupart des usages.
Source : Agences de l’Eau

Pour déterminer le degré d’altération de chaque polluant, la méthode du SEQ (Système d’Evaluation de la Qualité) est utilisée. La méthode SEQ est fondée sur trois volets : la qualité physico-chimique de l’eau (SEQ Eau), l’artificialisation du lit mineur, des berges et du lit majeur (SEQ Physique) et l’état des communautés vivantes (SEQ Bio) des cours d’eau.

Le SEQ Eau

La méthode SEQ est utilisée dans l’attente de nouveaux outils d’évaluation de l’état répondant à la Directive Cadre sur l’Eau (D.C.E.). Ils devraient être opérationnel en 2009.

En effet, la D.C.E. a, avant tout, pour objectif, d’atteindre un « bon état des eaux et des milieux aquatiques » d’ici 2015.
Le « bon état » correspond d’abord à des milieux dont les peuplements vivants sont diversifiés et équilibrés. Il se rapporte aussi à une qualité des milieux aquatiques permettant la plus large panoplie d’usages : eau potable, irrigation, usages économiques, pêche, intérêt naturaliste (Comité de bassin Loire Bretagne, 2004).

Par conséquent, pour les eaux superficielles (cours d’eau, lacs et plans d’eau), le « bon état » consiste à la fois en :

  •  un « bon état chimique » de l’eau, lorsque sont respectées certaines concentrations de substances prioritaires (fixées par des directives européennes). Il suffit qu’un paramètre dépasse le seuil fixé pour que le cours d’eau ne soit pas considéré en bon état.
  •  et un « bon (ou très bon) état écologique » apprécié selon des critères biologiques notamment. Les organismes vivant dans les eaux superficielles (poissons, insectes aquatiques…) sont les victimes et donc les témoins de la circulation des pollutions non détectées par les analyses physico-chimiques.


    Pour en savoir plus sur le site du R.P.D.E. :
    Connaître l’eau et ses usages en région > Sa qualité > Bon état des eaux
    L’eau, échéance 2015 > L’ambition européenne (DCE)
    … en Poitou-Charentes

    Le Réseau National de Bassin (R.N.B.) comprenait 52 stations en Poitou-Charentes, suivies pour certaines d’entre elles depuis 1971. L’objectif de ce réseau étaient la connaissance de la qualité générale du milieu, avec des analyses portant sur la qualité physico-chimique (matières organiques, nitrates, phosphore, matières en suspension, …), la recherche de toxiques (métaux), de pesticides, la qualité biologique du milieu.

    En 2007, le R.N.B. a évolué pour devenir le Réseau de Contrôle de Surveillance (R.C.S.) et pour intégrer dans ses objectifs la réponse aux exigences de la D.C.E.

    Le R.C.S. est destiné à donner une image de l’état général des eaux, via un réseau de sites pérennes Pour réaliser ce programme, un réseau de sites pérennes mis en place de façon à disposer d’un suivi des milieux aquatiques sur le long terme notamment pour évaluer les conséquences de modifications des conditions naturelles (changement climatique par exemple) et des activités anthropiques largement répandues. Ce réseau ne poursuit pas un objectif de suivi des pressions, mais de connaissance de l’état général des eaux.

    Source : site Surveillance du portail Eaufrance (http://www.surveillance.eaufrance.fr/)

    Il est composé de de nouvelles stations et, potentiellement, des stations de mesures des anciens réseaux (R.N.B. et réseaux complémentaires) ou de réseaux locaux.

    Pour en savoir plus dans ce bilan :
    sur les réseaux
    Concernant les matières organiques et oxydables :

    En 2009, la majorité des stations de la région montrent une qualité bonne ou moyenne. Elle est médiocre à mauvaise sur les secteurs du Thouet et de ses affluents, sur la Sèvre Nantaise, sur le Né, les affluents à l’aval de la Charente, Charente amont (Bandiat, Tardoire), sur la Légère (affluent amont de la Boutonne). Elle est très bonne sur la Touvre et la Sèvre Niortaise amont, sur un point à à l’aval d’Angoulême et sur la Dronne.
    La qualité semble s’être légèrement améliorée en 2009 (par rapport à 2008) sur le Thouet et ses affluents (de mauvaise/médiocre à médiocre/moyenne), et semble s’être légèrement dégradée sur la Seudre (de bonne à moyenne), la Gartempe et sur la Boutonne (de bonne à moyenne).

    Télécharger la carte d’altération des cours d’eau par les matières organiques et oxydables en 2009

    Concernant les matières azotées et phosphorées :

    La grande majorité des stations est de bonne qualité pour ces altérations en 2009, seules quelques stations indiquent une qualité mauvaise, en particulier la Légère, 2 points sur la Charente, et sur le Né.

    Carte qualit 2009 "Matires azotes"
    Carte qualit 2009 "Matires phosphores"

    Télécharger la carte d’altération des cours d’eau par les matières azotées en 2009
    Télécharger la carte d’altération des cours d’eau par les matières phosphorées en 2009

    Concernant les nitrates :

    En 2009, de nombreuses rivières de Poitou-Charentes sont de qualité médiocre à mauvaise. Quelques stations sont de classe « bonne ». A noter la dégradation sur les stations de la Boutonne, et l’amélioration sur les stations de la Vienne Amont et de la Tardoire.

    Carte qualit 2009 "nitrates"

    Télécharger la carte d’altération des cours d’eau par les nitrates en 2009

    Concernant les proliférations végétales :

    En 2009 comme en 2008, la majorité des stations de la région montrent une qualité bonne à très bonne. A noter une dégradation sur le Thouet amont et son affluent l’Argenton (de bon/ très bon à moyen/ médiocre), et sur la Sèvre Nantaise (de bon à médiocre).

    Carte 2009 "effet des prolifrations vgtales"

    Télécharger la carte d’altération des cours d’eau par les proliférations végétales en 2009

    Concernant l’indice biologique macrophytique des rivières (I.B.M.R.)

    Il s’appuie sur l’examen de l’ensemble des végétaux aquatiques ou amphibies, ainsi que les colonies de cyanobactéries, de bactéries et de champignons visibles à l’œil nu. L’I.B.M.R. reflète le niveau de trophie des eaux, pour les formes réduites de l’azote minéral et pour les orthophosphates. (source : Agence de l’Eau Adour-Garonne)

    En 2008, la qualité relative à l’I.B.M.R. est globalement médiocre sur la région. Elle est mauvaise sur la Charente, le Thouet après sa confluence avec le Thouaret, et sur la Légère.

    Sur les mesures disponibles, 2 stations seulement indiquent une classe de qualité « bonne », sur la Tardoire et la Sèvre Niortaise amont.

    Concernant l’indice diatomique (I.B.D.)

    Il prend en compte la structure des peuplements de diatomées (algues brunes unicellulaires microscopiques fixées). Cet indice reflète la qualité générale de l’eau d’un cours d’eau, et plus particulièrement vis-à-vis des matières organiques et oxydables et des nutriments (azote et phosphore). (source : Agence de l’Eau Adour-Garonne)

    En 2008, la qualité est globalement bonne pour la région. Cet indice est même très bon sur des stations situées sur la Sèvre Niortaise amont, la Boutonne aval et le Clain amont.
    La situation relative à l’I.B.D. est moyenne sur certains secteurs, notamment l’Argenton, la Sèvre Nantaise et la Gartempe. Elle est mauvaise sur une station, située sur la Sèvre Niortaise à Marans.

    Concernant l’indice biologique global normalisé (I.B.G.N.)

    Il repose sur l’examen des peuplements d’invertébrés aquatiques peuplant le fond des rivières (larves d’insectes, mollusques, crustacés, vers, etc.). Une note de 0 à 20 est attribuée au niveau d’une station de mesure après étude de ce peuplement d’invertébrés. La valeur de cet indice dépend à la fois de la qualité du milieu physique (structure du fond, état des berges...) et de la qualité de l’eau. (source : Agence de l’Eau Adour-Garonne)

    La qualité relative à l’I.B.G.N. est globalement bonne sur la région. Elle est même très bonne sur la Gartempe aval et la Benaize, la Charente entre Angoulême et la frontière des départements Charente et Charente-Maritime, et la Boutonne aval. Elle est moyenne sur l’Isle Dronne, l’Argenton, le Clain à l’amont de Poitiers, la Vienne, la Gartempe amont. Une station est classée en qualité mauvaise, sur la Sèvre Nantaise.

    Pour en savoir plus :
    Consulter ces cartes sur l’Atlas cartographique de l’O.R.E.
    Concernant les pesticides :

    Les éléments d’analyse présentés ci-après sont extraits du rapport du Groupe Régional d’Action pour la Réduction des Pesticides (GRAP), relatif aux résultats de la recherche de produits phytosanitaires dans les eaux superficielles de la région effectués de 1999 à 2005.

    L’année 2005 confirme la dégradation des eaux superficielles par les produits phytosanitaires dans la région Poitou-Charentes. Bien que les conditions hydrologiques et climatiques en 2005 n’aient pas été favorables aux transferts des molécules vers les rivières et les nappes (pluviométrie très déficitaire), la diversité des molécules retrouvée dans les eaux superficielles reste importante : 41 molécules différentes ont été mises en évidence en 2005.
    Tous les cours d’eau suivis en région Poitou-Charentes présentent une contamination à des degrés divers. Sur la période 1999-2005 et sur l’ensemble des 46 stations suivies par le GRAP, 84 substances actives ou métabolites ont été quantifiés au moins une fois. La moitié d’entre elles a été retrouvée ponctuellement. Les transferts les plus importants (quantité et diversité des substances) sont observés à la suite des premières pluies suivant les traitements. A l’échelle régionale, on note une évolution significative de la qualité de l’eau depuis 2004. Elle est liée à deux facteurs qui sont les aspects réglementaires (européens et français) et vraisemblablement les conditions hydrologiques.

    Depuis l’interdiction d’utilisation des triazines, elles sont détectées moins souvent. D’autres substances récemment interdites tendent également à disparaître : tébutane, oxadixyl.

    Le glyphosate et son métabolite (l’AMPA) sont détectés très fréquemment dans la majorité des cours d’eau et à toute époque de l’année. Le glyphosate, herbicide de plus en plus utilisé, reste à ce jour le plus vendu en région comparé aux autres substances actives, il est autorisé pour de nombreux usages agricoles et non agricoles.
    Utilisé à toute époque de l’année, il est de ce fait mis en évidence à l’occasion des différentes campagnes.

    Les substances utilisées pour le désherbage des cultures pérennes et des zones non agricoles, diuron et aminotriazole, sont retrouvées régulièrement. Le diuron est détecté sur de nombreux cours d’eau et pas uniquement ceux traversant des zones viticoles. Bien que cet herbicide soit essentiellement utilisé par les viticulteurs, le désherbage des zones non agricoles est à l’origine de transferts importants vers les eaux. Une enquête menée auprès d’environ 50 viticulteurs montre que le désherbage des parcelles viticoles est essentiellement réalisé avec le glyphosate. Ces dernières années, le diuron et la therbuthylazine ont été progressivment délaissés au profit du glyphosate.

    Des herbicides utilisés pour le désherbage du maïs (metolachlore, alachlore, diméthénamide, bentazone, acétochlore) sont rerouvés sur une majorité des cours d’eau au moment de leurs applications au printemps et disparaissent le reste de l’année.
    Les substances actives de type sulfonylurées et tricétones utilisées pour le désherbage du maïs en post levée sont recherchées et ne sont pas retrouvées dans les eaux, leur dose maximale autorisée est faible.

    Malgré l’augmentation des ventes d’isoproturon et de chlortoluron, ces deux urées substituées utilisées pour le désherbage des céréales d’hiver ont été très peu détectées en 2004 et 2005 par rapport aux années précédentes. Ceci est vraisemblablement lié à l’absence de précipitations significatives en fin d’année.

    L’analyse des résultats des six dernières années révèle des différences de qualité de l’eau en fonction des cours d’eau. La pression en produits phytosanitaires joue évidemment un rôle prépondérant (corrélation entre l’assolement sur le bassin amont de la Vienne et la qualité des eaux à Limoges et à Valdivienne) mais il apparaît également que les transferts de substances actives sont fortement influencés par la nature des sols et du sous-sol.
    Les rivières s’écoulant sur des formations peu perméables (Sèvre Nantaise, Thouet et Argenton sur socle ; Dive du Nord sur formations calcaires marneuses ; Ozon, cours amont du Né et de la Seugne sur recouvrements éocènes sablo-argileux) sont globalement plus dégradées que des cours d’eau comme le Clain, la Boutonne ou l’Aume.
    La Charente en amont d’Angoulême est moins dégradée que sur la partie aval et sur ses affluents (Antenne, Né, Seugne) s’écoulant à travers le vignoble de Cognac. La diversité des molécules retrouvées y est plus importante. Ceci est partiellement lié à la détection récurrente des triazines appliquées sur les parcelles viticoles (simazine, terbuthylazine et produits de dégradation).

    Les éléments d’analyse présentés ci-après sont extraits de la synthèse des données d’utilisation des produits phytosanitaires et de dispersion dans l’environnement qui a été réalisée par la FREDON et l’ATMO Poitou-Charentes, dans le cadre du plan Ecophyto 2018. Il s’agit du document suivant : Synthèse 2006-2010 - contamination de l’environnement par les produits phytosanitaires en Poitou-Charentes.

    D’une manière générale, il apparaît que les quantités de substances actives phytosanitaires vendues au sein de la région sont relativement stables de 2006 à 2010 ; la majorité des substances vendues restant les herbicides et les fongicides. A noter que le glyphosate reste la molécule la plus commercialisée.

    Dans les eaux superficielles, 106 substances actives ou produits de dégradation ont été quantifiés entre 2006 et 2010 dont 90 % concernent les herbicides. Les fongicides ne représentent que 3,2 % alors qu’ils constituent 40 % des quantités vendues en
    région. Les herbicides utilisés sur maïs ou à multiples usages (glyphosate, diuron…) représentent 65% des quantifications.

    Le graphique suivant présente les taux de quantification des substances les plus retrouvées dans les eaux de surface entre 2006 et 2010. Ces taux sont calculés par gamme de concentrations.

    Principales molcules quantifies dans les eaux superficielles, en Poitou-Charentes de 2006 2010 (Sources : GRAP et RNB ; donnes Agences de l’eau)

    Les tendances d’évolution qui se dégagent de ce graphique sont les suivantes :

  •  conséquence de leur interdiction, les triazines sont nettement moins souvent quantifiées en 2006-2010 bien que l’atrazine déséthyl soit mise en évidence dans plus d’un échantillon sur trois.
  •  Les herbicides glyphosate et diuron et leurs produits de dégradation sont plus rarement quantifiés. Dans le cas du diuron, cela peut s’expliquer par son interdiction fin 2008.
  •  Les substances utilisées en remplacement de l’atrazine dans le désherbage du maïs et dont les ventes ont augmenté sont plus souvent mises en évidence dans les échantillons.

    Dans les eaux de surface, une grande diversité de substances phytosanitaires est à l’origine de la contamination. Les herbicides sont les plus incriminés. Cette contamination évolue au fil de l’interdiction d’usage phytosanitaire de certaines substances.
    Les changements les plus importants ces dernières années sont la diminution des quantifications de triazines suite à leur interdiction
    en 2003, bien que l’atrazine déséthyl reste fréquemment quantifiée ; et l’augmentation des quantifications de chloroacétamides (surtout le Smétolachlore) et de bentazone venus en remplacement de l’atrazine pour le désherbage du maïs.
    La contamination des eaux superficielles présente une grande diversité spatiale liée à l’assolement (substances différentes en fonction du bassin de production) et à la nature du sol ou du sous-sol (phénomène de ruissellement par exemple en zone de socle).

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