Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     
Sommaire

Usages de l’eau Pêche et aquaculture

Présentation de la conchyliculture, l’aquaculture et de la pêche professionnelle en Poitou-Charentes
Types et modes de culture

Carte des principales cultures marines sur le littoral charentais

La conchyliculture …

La conchyliculture regroupe principalement la production d’huîtres (ostréiculture) et de moules (mytiliculture). Le captage du naissain [1] dans les eaux littorales, l’élevage des huîtres, leur affinage dans des marais salants convertis en claires [2] à huîtres sont les principales étapes de l’ostréiculture, qui se pratique depuis plus de trois siècles. La navicule bleue, algue microscopique qui provoque le verdissement des huîtres, permet au bassin de Marennes-Oléron de commercialiser des huîtres labellisées « fines de claire vertes », référence très recherchée par le consommateur. Sont également issues des claires, les huîtres spéciales Pousse en Claire Label Rouge. Des techniques récentes telles l’élevage d’huîtres sur filières au large et à plat en eau profonde visent à améliorer la production de qualité.

La superficie concédée sur le domaine public maritime s’établit à 5 404 hectares, répartie entre surélévation sur table (48%), à plat (10%) et en claires (42%).

Reproduction des huîtres creuses à Marennes-Oléron

Ces dernières années, du fait des sécheresses récurrentes (2003, 2005…), des problèmes de croissance sont rencontrés compte tenu d’un déséquilibre nutritionnel provoqué par le manque d’eau douce en 2006. Un travail de concertation entre les différents utilisateurs de l’eau est engagé afin de trouver des solutions de long terme.

La mytiliculture, localisée au Nord de l’île d’Oléron, dans la baie d’Yves et surtout dans la baie de l’Aiguillon, est réalisée par le captage et le grossissement des moules sur des alignements de pieux de chêne (bouchots) plantés sur l’estran et aussi en filières. La période de commercialisation de la moule de bouchot s’étend de juin à novembre, parfois décembre, selon les stocks encore disponibles. Ces moules atteignent leur taille commerciale entre 15 et 18 mois. La profession mytilicole de la Baie de l’Aiguillon et du Pertuis Breton plus généralement se singularise par une pratique unique en Europe : l’utilisation de navires-ateliers comme établissements d’expédition, à bord desquels se déroulent l’ensemble des opérations de traitement des moules, depuis la pêche au conditionnement en sac en passant par le tri et le lavage. Les débarquements ont lieu à Charron et dans une moindre mesure à l’Aiguillon sur Mer dans l’estuaire du Lay (Vendée).
La longueur concédée sur le domaine public maritime est de 300 km de bouchots et de filières.

La baie de l’Aiguillon

Près de 20% de la production pour la consommation nationale chaque année provient de la baie de l’Aiguillon. Un chiffre élevé, mais qui traduit mal la véritable importance de cette baie pour toute la profession : 40% des captages français y sont en effet réalisés.

Le mélange des eaux douces du Marais Poitevin avec celles de l’estuaire font des sites de production mytilicole du Pertuis Breton un terroir unique de renommée nationale. Pour se comporter correctement, les bouchots (alignement de pieux de bois où l’on élève les moules) doivent être découverts à chaque marée. Mais la vase qui gagne du terrain oblige à les planter de plus en plus au large. Ainsi à terme, ce sont peut-être les filières (longue ligne utilisée pour l’élevage des moules en eau profonde) qui prendront le relais. Certes cette technique importée d’Asie offre l’avantage d’une meilleure productivité, mais cette moule plus grosse et qui filtre plus l’eau n’a pas, aux yeux des connaisseurs, la même saveur que sa cousine de bouchot, petite, ferme et plus résistante.

Des productions de palourdes (vénériculture), d’algues et des fermes marines se sont développées récemment, mais elles occuperont toujours une place marginale dans l’économie de Poitou-Charentes.

… la pêche professionnelle …

La pêche en Charente-Maritime subit des évolutions, privilégiant la pêche artisanale qui connaît une modernisation des techniques et une diversification des types de métiers, à une pêche industrielle . La baisse de la ressource piscicole est notamment liée à une surexploitation qui se traduit par la baisse de la taille moyenne des prises et par l’augmentation du nombre de jours de pêche par an.

… et l’aquaculture continentale en Poitou-Charentes

En Poitou-Charentes, l’aquaculture continentale reste une activité assez modeste comparée aux grandes régions d’étangs du Centre, des pays de la Loire et de Rhône-Alpes.
Toutefois, la région présente des conditions naturelles favorables au développement de cette activité notamment grâce aux nombreux étangs.

Quatre types d’activités aquacoles se côtoient dans la région :

  •  la pisciculture d’étangs, activité traditionnelle extensive (ou de production) pour laquelle la densité de poissons est faible et l’apport d’aliments est nul.
  •  une activité intensive récente, d’espèces dites nouvelles (silures et esturgeons) se pratique soit dans les plans d’eau existants, soit dans des bassins artificiels.
  •  la salmoniculture (production de truites), production intensive destinée à la consommation et au repeuplement.
  •  l’aquaculture marine, pratiquée par trois fermes marines, implantées dans les marais et îles de Ré et d’Oléron [3], produisent des bars, daurades et turbots.

    Au-delà de leur impact économique direct, lié à l’activité des professionnels, ces pratiques piscicoles constituent une voie de diversification intéressante pour les agriculteurs, contribuent à l’essor du tourisme « pêche » et participent à l’entretien du patrimoine naturel riche.


    Pour en savoir plus :
    Site de l’Ifremer : http://wwz.ifremer.fr/envlit > Votre région > Poitou-Charentes > Activités > Aquaculture
    Poids de ce secteur au niveau de l’emploi

    La Charente-Maritime compte trois quartiers maritimes, celui de La Rochelle dont le principal port de pêche est La Rochelle, celui de l’île d’Oléron dont le premier port est celui de La Cotinière et le quartier de Marennes où le port de Royan est le plus important.

    La conchyliculture joue un rôle social structurant pour le territoire. La Charente-Maritime concentre 39% des entreprises nationales [4] et 62% de la production de l’Association du Grand Littoral Atlantique (AGLIA). En 2005 cette activité a employé 3 500 Unités Travail Annuel pour 1 252 exploitations : 1 196 pour la production d’huîtres et 236 pour la production de moules.
    En 2006, l’activité conchyliculture petite pêche en Poitou-Charentes représente près de 31% des marins de la métropole de ce secteur. L’ensemble de l’activité pêche a employé 2 4077 marins en 2006 en Poitou-Charentes. (source : Direction des Affaires Maritimes et des Gens de Mer)

    Le contexte réglementaire communautaire impose à la pêche européenne, par le biais des Programmes d’Orientation Pluriannuels, la restructuration de la flotte. D’autre part, la mise en place par l’Etat du plan de sortie de la flotte en 2006, a pour conséquence une perte du nombre de navire, tendance qui devrait se poursuivre.
    Entre 1999 et 2006, le nombre de ces emplois métropolitains non occasionnels a diminué de 9%. La situation est toutefois contrastée selon la région d’immatriculation des navires. En effet, entre 1999 et 2006, le nombre de ces emplois a progressé de 35% pour l’Aquitaine, a diminué de 32,5% en Poitou-Charentes.

    Le contexte réglementaire communautaire impose à la pêche européenne, par le biais des Programmes d’Orientation Pluriannuels, la restructuration de la flotte. La flotte des navires de pêche [5] voit ses effectifs diminuer, tendance qui devrait se poursuivre.

    Caractéristiques des quartiers de Charente-Maritime :
    Quartiers de Charente-Maritime Nombre de navires Nombre de navires de conchyliculture petite pêche Nombre de marins
    En 1995 En 2001 En 2006 * Évolution 1995-2006 En 2006 En 2002 En 2006 Hors CPP ** En 2006 CPP**
    La Rochelle 147 123 100 -32% - - - -
    Marennes 135 159 119 -12% - - - -
    Oléron 93 60 65 -30% - - - -
    Total 375 342 284 -24% 1 285 830 898 1 582
    Métropole - - 5 232 - 3 398 - 17 088 5 127

    * : hors conchyliculture petite pêche (absence du port = 24 heures)
    ** : conchyliculture petite pêche (absence du port = 24 heures)

    Source : Direction Régionale des Affaires Maritimes de La Rochelle, Comité National de la Conchyliculture

    En plus des emplois directs (marins embarqués), il faut également prendre en compte les emplois indirects liés à la transformation des produits de la mer, au conditionnement, à l’expédition.

    Poids de ce secteur dans l’activité économique
    Conchyliculture

    La région Poitou-Charentes (bassins de Marennes Oléron et Ré Centre Ouest), qui présente une forte tradition de production conchylicole, détient la première place des régions françaises pour cette activité et constitue le premier centre de production ostréicole. 67 500 tonnes ont été produites en 2005, soit environ un tiers de la production nationale, répartie entre 35 000 tonnes pour l’ostréiculture et 12 500 tonnes pour la mytiliculture. (Source : Agreste)
    L’impact est direct et fondamental pour l’économie charentaise avec un chiffre d’affaire de 250 millions d’euros en 2005.

    La production et la commercialisation représentent 80 000 tonnes environ (65 000 tonnes pour l’ostréiculture et 15 000 tonnes pour la mytiliculture). Une partie provient des autres bassins français pour être affinées dans les claires et bénéficier de l’appellation Huîtres Marennes Oléron. La Charente-Maritime se situe au premier rang national avec 45 % du tonnage total. Le chiffre d’affaires global est de 180 millions d’euros à l’expédition [6] .(source : Bilan l’Eau et ses usages, 2003)

    La baisse de la productivité depuis plusieurs années, la moindre rentabilité et le manque d’attractivité des professions conchylicoles ont entraîné la disparition de nombreuses exploitations ostréicoles et semble-t-il l’orientation vers une concentration et une spécialisation des exploitations. Dans un tel contexte, le développement de nouvelles activités conchylicoles peut être une alternative à la saturation des capacités de production sur l’estran.

    La mytiliculture a entamé une action de modernisation de ses schémas de production : modernisation des chalands et mécanisation des tâches, et création de filières en mer ouverte dans le Pertuis Breton.

    Pêche professionnelle – les criées

    Parmi les 9 régions françaises métropolitaines productrices de pêche en mer, la région Poitou-Charentes se place au 6ème rang en tonnage débarqué en 2006. La région participe à 4 % de la production de pêche nationale en 2007, devant l’Aquitaine, mais loin derrière la Bretagne qui détient le 1er rang avec 44 % de la quantité totale produite. La région participe à hauteur d’un quart de la production de la façade maritime Atlantique en 2007. (Source : Direction des Pêches Maritimes – D.P.M.A.)

    Les criées de Charente-Maritime sont utilisées pour la première vente aux enchères d’environ 9 000 tonnes de produits de la pêche. Le chiffre d’affaires correspondant est passé de 40,34 millions d’euros en 2000 à 43,7 millions d’euros en 2007, ce qui constitue 6,3% du chiffre d’affaire national des criées et place la région Poitou-Charentes au 4ème rang national. (Source : Direction des Pêches Maritimes – D.P.M.A.)

    Les trois quartiers maritimes n’ont pas le même poids dans l’économie maritime régionale : le quartier d’Oléron représente 58% des ventes (quantité et chiffre d’affaire), 7,5% pour le quartier de Royan. Depuis 2000, la part du quartier d’Oléron a augmenté de 10% et celle de Royan a diminué de 3,5%.

    D’autre part, deux quartiers sur trois ont vu leur activité réduire depuis 2000. Le quartier de La Cotinière a augmenté ses ventes de 37,2% alors que la production de Royan a diminué de 21,5%. Le quartier de La Rochelle est en progression depuis 2005 ainsi que la moyenne des valeurs ajoutées aux produits issus de Royan, qui est de 8 €/kg, soit le double des deux autres quartiers.

    Caractéristiques économiques des quartiers maritimes
    Quartiers maritimes Surface du quartier Principales pêches * Criées Espèces commercialisées 2007 Évolution 2000-2007
    Quantité vendue (tonnes) Valeur (k€) Quantité vendue Valeur
    La Rochelle Étendu de la rive gauche de la Sèvre Niortaise à la rive droite de la Charente(inclus les îles d’Aix et de Ré) Petite Pêche Pêche au large La Rochelle Lote, merlu, sole, langoustine, seiches, bar, calmars… 3 117 12 540 -2,1% +2,5%
    Marennes Oléron Étendu de la rive gauche de la Charente à l’embouchure de la Gironde (inclus l’île d’Oléron) Petite pêche Pêche au large La Cotinière Sole, langoustine, merlu, bar et, céteau, seiche… 5 377 25 544 +37,2% +22,7%
    Royan Sole, bar, maigre… 698 5 676 -21,5% -24,8%

    * : petite pêche : absence du port = 24h ; pêche côtière : 24 heures< absence du port = 96 heures ; pêche au large : absence > 96 heures

    Source : OFIMER bilan annuel 2007

    [1Larves d’huîtres ou de moules qui se fixent sur des supports pour grossir.

    [2Bassins aménagés dans les marais salés, alimentés en eau de mer, utilisés pour l’affinage des huîtres avant la vente.

    [3La ferme marine du Douhet dans l’île d’Oléron, la Société Aquacole de l’île de Ré et la ferme marine des Baleines dans l’île de Ré.

    [4Source : suivi socio économique des pêches maritimes et de l’aquaculture dans les régions de l’AGLIA, 1993/2003
    Absence du port = 24 heures

    [5Navire destiné à la capture à des fins commerciales du poisson et autres ressources vivantes de la mer. Ils sont inscrits comme tel dans le registre des Etats membres.

    [6Données issues du rapport : « les capacités de développement et d’adaptation de la filière halieutique de la région Poitou-Charentes », Conseil Régional Poitou-Charentes, Conseil Général de la Charente-Maritime, juillet 2000.

  • Mentions légales | Aide à la navigation | Conditions d’utilisation | Politique d’accessibilité | Crédits | Plan du site | Cadenas fermé